L’hypoplasie ou hypotrophie des seins se définie par le fait d’avoir des seins trop petits par rapport à sa morphologie générale. Ceci peut être corrigé grâce à la mise en place de prothèses mammaires. Elle peut être constitutionnelle (de naissance) ou bien faire suite à une grossesse, un amaigrissement ou un dérèglement hormonal. L’hypoplasie peut être isolée ou associée à une chute du sein (ptose mammaire). Elle est très souvent mal vécue par la patiente qui y voit une atteinte à sa féminité. Il s’en suit une baisse de confiance en soi pouvant retentir sur les relations sociales, la vie amoureuse et sexuelle. L’augmentation des seins par mise en place d’implants mammaires permet, en une intervention, de redonner à la poitrine le volume souhaité par la patiente. Dans une certaine mesure, l’augmentation mammaire permet de corriger une chute du sein si celle-ci est modérée.

Principe de l’intervention

Cicatrices-prothses-mammaires-L’intervention se déroule sous anesthésie générale et dure entre 1 et 2 heures. La durée d’hospitalisation est de 24 heures. Le chirurgien place l’implant de chaque côté dans sa loge, soit directement sous la glande (position rétro-glandulaire ou pré-pectorale) soit sous le muscle pectoral (position rétro-pectorale ou rétro-musculaire). Dans certains cas, la position de l’implant sera à la fois sous-musculaire au niveau du décolleté et sous-glandulaire à la partie inférieure du sein (dual-plane) afin de combiner les avantages des 2 procédés.

La cicatrice pourra être située soit dans le creux de l’aisselle (voie d’abord axillaire), soit autour de la moitié inférieure de l’aréole (voie d’abord aréolaire) soit sous le sein (voie sous-mammaire). En cas de cure de ptose associée, les cicatrices seront plus importantes, d’aspect variable en fonction du degré de ptose à corriger.

L’éventail des possibilités est tel (position de l’implant devant ou derrière le muscle, position de l’incision, choix du volume et de la forme de l’implant) que le chirurgien devra adapter sa technique à chaque patiente, réalisant ainsi une augmentation mammaire « sur-mesure ».

Choix des implants

Actuellement, les seuls implants autorisés en France sont les implants remplis de gel de silicone avec une surface lisse ou microtexturée.

Ils sont composés d’une enveloppe en silicone remplie d’un gel de silicone dit cohésif (c’est-à-dire un gel qui reste soudé en un seul bloc même en l’absence d’enveloppe).

Les implants remplis de sérum physiologique (eau salée) sont devenus obsolètes et ne devraient plus être utilisés en pratique courante. Les implants remplis de sérum physiologique peuvent être préférés par les patientes par crainte injustifiée du silicone mais le résultat est moins naturel, les plis ou vagues visibles sont fréquents et leur dégonflement éventuel brutal entraîne un affaissement immédiat du sein concerné. Les implants pré-remplis de gel de silicone offrent un aspect et une consistance plus naturels, ainsi qu’une meilleure durée de vie.

Quelle forme d’implants mammaires choisir ?

PIPDu fait de l’absence d’autorisation en France des enveloppes de prothèses macrotexturées ou recouvertes de polyuréthane, seuls les implants ronds peuvent être utilisés afin d’éviter tout risque de rotation.

Augmentation par prothèses mammaires : quel volume pour quelle morphologie ?

Le volume des implants est déterminé en fonction des attentes des patientes mais aussi en fonction des conseils du chirurgien qui tient compte de l’anatomie de départ de chacune des patientes (formes des seins, du thorax, silhouette, taille de la patiente, …). L’essai de prothèses de différentes taille, en consultation, permet aux patientes se rendre compte avant l’intervention de l’effet visuel des prothèses choisies.

Suites opératoires

  • Cicatrisation complète
  • De 2 à 3 semaines

Les suites peuvent être inconfortables pendant les premiers jours si les implants sont gros et placés en position rétro-pectorale (sensation de tension douloureuse). Si les implants sont devant le muscle, la douleur est quasi-absente. Dans tous les cas, un traitement antalgique adapté à l’intensité de la douleur vous sera prescrit. Des oedèmes (gonflement), des ecchymoses (bleus) et une gêne à l’élévation des bras sont fréquents les premiers temps. Aucun drain n’est mis en place. Les pansements sont semi-perméables, les douches sont donc autorisées. Des plaques autocollantes spéciales devront être appliquées sur les cicatrices pendant 2 à 3 mois afin d’améliorer leur aspect.

La vie professionnelle peut être reprise entre 5 à 10 jours post-opératoires en fonction du métier. La reprise des activités sportives se situe à 1 ou 2 mois. A l’issue de la cicatrisation, les fils sont résorbables et enfouis. Vous devrez porter un soutien-gorge de contention pendant 1 mois jour et nuit.

Risques de complication

Comme pour toute intervention chirurgicale, un certain nombre de complications peuvent survenir. Mais la probabilité de survenue de ces complications est réduite entre les mains d’un chirurgien plasticien qualifié et en présence d’un anesthésiste compétent. L’observance par le patient des consignes données par le chirurgien est également essentielle, notamment :

  • l’arrêt du tabac 1 mois avant et après l’intervention (diminution de tous les risques) ;
  • l’absence de prise d’aspirine pendant 10 jours avant et après l’intervention (diminution des risques d’hématomes).

En dehors des complications classiques liées à tout geste chirurgical (hématome, infection, problème cicatriciel,…), certaines complications sont plus spécifiques aux implants mammaires :

  • La formation de « coques » ou capsulite rétractile est due à une réaction normale de l’organisme face à un corps étranger. Cette réaction conduit normalement à la formation d’une fine membrane souple autour de l’implant. Parfois, cette réaction est plus intense et la membrane formée peut être plus épaisse. Le sein est alors plus ferme voir dans de rares cas douloureux. La survenue de ces coques est imprévisible et peut conduire à une nouvelle intervention pour fendre cette coque (capsulotomie ou capsulectomie). Heureusement, les progrès en matière d’implants mammaires et de technique chirurgicale ont conduit à diminuer considérablement le taux de coque et leur intensité.
  • Les implants ont une durée de vie limitée dans le temps. La membrane s’use et finit par devenir poreuse ou par se rompre. Un traumatisme violent peut aussi être à l’origine d’une rupture. Une rupture peut passer inaperçue ou au contraire entraîner certains symptômes (formation d’une coque, déformation du sein). Une rupture d’implant n’est pas un évènement grave mais doit conduire au changement des 2 implants.
  • Le Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules (LAGC) est une maladie très rare probablement due en partie à la présence d’implants mammaires macrotexturés, même si d’autres facteurs de risques non encore identifiés sont possiblement aussi en cause. En France, depuis 2011, 57 patientes atteintes de LAGC ont été identifiées sur environ 500 000 patients porteuses d’implants mammaires. Le traitement, relativement simple, a permis une guérison dans 95 % des cas. Du fait du très faible risque de survenue de cette maladie et du fait de l’efficacité du traitement, les patientes porteuses d’implants mammaires doivent rester sereines et s’assurer d’une surveillance annuelle de leur poitrine comme cela a toujours été recommandé. En cas de symptômes nouveaux (gonflement du sein, douleurs, inflammation, masse palpable …), une consultation doit être envisagé sans délai.

Questions fréquentes

En principe, il faut attendre d’avoir 18 ans pour pouvoir comprendre les enjeux d’une telle intervention.

Mais, en cas de malformation des seins (seins tubéreux, syndrome de Poland) ou en cas d’hypotrophie sévère voir d’absence de sein (agénésie mammaire), l’intervention peut être envisagée dès la fin de la puberté.

Avec des prothèses mammaires, les grossesses et l’allaitement restent possibles et ne sont dangereux ni pour la mère ni pour l’enfant.

Les implants actuels sont solides et résistants. Il n’y a pas de date de péremption associée aux prothèses, il n’est donc pas nécessaire de changer de prothèses à titre systématique, même au bout de 10 ans.

Une surveillance régulière par votre chirurgien (tous les 2 à 3 ans avant 10 ans puis tous les ans) est en revanche recommandée afin de détecter un éventuel signe d’usure des prothèses justifiant un changement de celles-ci (apparition d’une coque, changement d’aspect du sein,…).

Les examens radiologiques effectués par toutes les femmes à partir d’un certain âge dans le cadre du dépistage du cancer du sein permettent en outre de vérifier l’intégrité des implants mammaires.

Enfin, les implants recouverts de mousse de polyuréthane ont une durée de vie, en moyenne, plus longue que les implants recouverts uniquement de silicone. Cela s’explique par la quasi absence de développement d’induration du sein (coque) grâce au polyuréthane, l’apparition de coques étant la première cause de changement des implants.

Prothèses mammaires et maladies auto-immunes
Il est maintenant établi scientifiquement de manière ferme et définitive que les implants mammaires n’augmentent pas le taux de maladies auto-immunes.

Prothèses mammaires et cancer du sein
Le risque de cancer du sein est inchangé en présence de prothèses mammaires.
Toutefois, la surveillance mammographie du sein peut être rendue plus difficile par la présence d’implants mammaires, surtout en position pré-musculaire (directement sous la glande). Dans certains cas, des techniques de surveillance complémentaire pourront être indiquées (IRM, échographie).

Lorsque vous êtes porteuses d’implants mammaires, un suivi annuel auprès de votre chirurgien est recommandé.

Lire de communiqué de presse du Directoire Professionnel des Plasticiens au sujet de l’actualité récente en matière de lymphomes anaplasiques à grandes cellules.

Les injections de graisse (lipomodelage ou lipofilling) au niveau des seins peuvent remplacer une augmentation par prothèses ou venir compléter le résultat pour le rendre plus naturel.

La technique de lipomodelage ne peut pas être proposée à toutes les patientes.

Avantages des prothèses :

  • une seule intervention initiale
  • grosse augmentation possible
  • convient aux femmes sans excès de graisse

Avantages de la graisse :

  • aspect plus naturel (identique à un sein natif à l’aspect et au toucher)
  • résultat à vie
  • cicatrices quasi-inexistantes
  • liposuccion associée des excès graisseux localisés (amélioration de la silhouette dans son ensemble)

Inconvénients des prothèses :

  • risques de complications spécifiques aux prothèses (rupture, coques, infections, rotations ou malpositions)
  • cicatrices

Inconvénients de la graisse :

  • 1 à 3 interventions initiales
  • besoin de réserves suffisantes de graisse chez la patiente
  • variation du résultat avec les fortes variations de poids
  • Prix augmentation mammaire *
  • A partir de 4500 €

*  Dans quelques rares cas, une prisent charge partielle par l’assurance maladie peut être accordée après entente préalable. Les honoraires chirurgicaux restant à la charge du patient et/ou de sa mutuelle dans ce cas sont compris entre 1 500 € à 3 500 €.